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En exclusivité extrait du nouveau spectacle d'Arthur
envoyé par Arthur. - Rencontrez plus de personnalités du web.
ARTHUR RETOURNE AU CHARBON

Quand Arthur, l'enfant de la télé, monte sur scène, il peut faire le deuil des coupures pubs, des chauffeurs de salle, des réalisateurs ou des invités, tous complices de l'art délicat de l'humour. Sur les planches, en direct, il est seul à faire le boulot, un travail qui ne se rattrape pas sur une table de montage. Les chiffres abstraits des audimats ont laissé place aux spectateurs munis de billet. Ceux qui n'y réfléchiront pas à deux fois avant de soupirer lourd ou de déserter leur siège en velours. Un strapontin qui claque fera toujours plus de bruit qu'une télécommande qui zappe.

Une tournure sémantique contestable, "Arthur En Vrai". C'était plutôt LUI qui voulait enfin se frotter au Public En Vrai. Force est d'avouer qu'il a bien fait. Le sens de l'observation et de la vanne qui tue a fait son petit effet. Plus de 100 000 spectateurs pour le coup d'essai. Apparemment, Arthur aussi a bien aimé voir un public se bidonner en chair et en os. Il remet donc le couvert. Pour son nouveau stand-up, il est encore plus en place. Il ne vous laisse pas le temps de penser à la vanne qu'il vient de dire, qu'il en balance déjà une deuxième. C'est (bien) parti pour le show.

LA VIE D'ARTHUR

Si Arthur plonge ses yeux dans ceux de son public, c'est pour voir plus grand. Voir plus grand son mariage, son divorce… Quant à sa mère et son père, on vous dit pas… Pour monter ce deuxième show, il a demandé l'aide de Josée Fortier, célèbre metteur en scène canadienne. Arthur a l'ambition d'être un entertainer. En VF : un amuseur, un valet du divertissement. Mais aussi et surtout un féru de l'observation, du détail pourri qui colle la honte à la nature humaine. C'est ça, Arthur version Gaîté : partir des petits riens de sa vie pour en faire des caisses dans la plus pure tradition du stand-up new-yorkais. Alors une partie de Wii se transforme en Grand Chelem de tennis, un voyage aux USA en une sitcom d'enfer…


Une pile qui fonctionne mal ? Le combat absolu de l'Homme contre la machine. Son sens de la démesure lui aura valu autant de critiques que de louanges mais il aura fallu bien ça pour décortiquer la vie foutraque de Jacques Essebag, 43 ans, personnage criant de vérité d'une comédie absurde, victime d'un passif familial somme toute… pesant, papa et mari un peu largué, allergique au kiwi (ça s'appelle cumuler…). Et après une heure et demi de vérité toute subjective, en guise de troisième acte, l'humoriste consentira à faire le bilan, à rendre des comptes à Jacques, pour voir si ce qui l'a construit, ce qui a fait de lui cet homme médiatique, est bel et bien la vie dont il avait rêvé. Sentimental, Arthur, pas que salement vanneur. Une mise en abîme de sa propre comédie douce-amère particulièrement cinématographique, si ce n'est hollywoodienne. Une superproduction minimaliste avec un seul acteur.